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Sophro-analyse

Comment la sophro-analyse peut vous aider en cas de maladies somatiques ?

01 Fév 2018

La sophro-analyse ne « soigne » pas les maladies somatiques

Certaines personnes qui viennent à moi ont, en plus de leur mal être, des symptômes physiques, des maladies plus ou moins graves.

Soyons clair d’emblée : la sophro-analyse et mon approche personnelle de l’accompagnement ne font pas partie de ces thérapies naturelles qui adressent directement les symptômes physiques, et dont certaines disent soigner les gens de leurs maladies.

A titre personnel j’applique le principe fondamental de la médecine « Primum non nocere« , locution latine  qui signifie : « en premier ne pas nuire »« d’abord, ne pas faire de mal ». Ce qui signifie pour moi, comme expliqué sur ma page « éthique professionnelle« , que la personne reste en contact avec son médecin traitant, ou avec son spécialiste. Je travaille d’ailleurs souvent en lien avec des psychiatres, que je recommande de consulter en cas de doutes sur l’aspect médical du mal être ou pour évaluer la pertinence de la mise en place d’un traitement médicamenteux pour agir en synergie avec mon approche thérapeutique.

Mais comment aider quand même en cas de maladie avec symptômes somatiques ?

Ces précisions importantes étant dites, la sophro-analyse, comme toute approche psychologique, peut aider à mieux vivre sa maladie, voire parfois à réduire les symptômes de façon plus ou moins importante.

Selon la médecine chinoise, le choc émotionnel serait à l’origine de toute maladie. Des études ont maintenant clairement démontré le lien entre les chocs émotionnels importants (comme des deuils, des pertes), et la survenue de cancer, par exemple.

Dans ma pratique, nous allons analyser les aspects psycho-affectifs de la maladie.

Mais je n’oublie pas non plus, en tant que biologiste de formation, que la vie c’est avant tout le maintien de l’équilibre, ce que les médecins appellent l’homéostasie (ceci concerne l’équilibre intérieur). Notre corps « sait » naturellement comment assurer cet équilibre fragile et complexe.

De nombreux comportements actuels favorisent la rupture de cette régulation interne, et la maladie peut survenir. Ici on va alors aborder le trouble non plus uniquement sur l’aspect émotionnel et affectif, mais sur l’aspect hygiène de vie. Notre environnement dégradé et nos rythmes de vie inappropriés participent amplement à la rupture de cet équilibre intérieur. Bien sûr il est impossible de tout contrôler. Cela serait sans fin car nous ne sommes pas responsables de tout ce qui nous entoure, comme la pollution, la mauvaise exploitation du système d’échanges économiques etc… A ce titre je prône plutôt l’engagement personnel et citoyen, pour viser à influencer, à notre petit niveau, la qualité de notre environnement et les décisions politiques en ce sens.

Certaines approches médicales anciennes sont à mon avis précieuses pour adapter au mieux certains aspects de notre vie dans le but de restaurer un équilibre. Je me réfère à ce titre souvent à l’approche de la médecine ayurvédique, qui considère l’individu de façon holistique et le replace dans son environnement (lien vers un article à ce sujet).

Aspects psycho-affectifs de la maladie : deux exemples

La maladie de Lyme

Lorsque j’ai reçu pour la première fois une cliente atteinte de la maladie de Lyme, je me suis sentie un peu perdue devant l’état très affaibli de ma cliente. C’est pourquoi j’ai consulté un médecin spécialiste de cette maladie, qui a bien voulu m’expliquer ce qui se passe au cours de cette maladie. Il m’a indiqué quelques pistes pour aider ces personnes à retrouver un certain état de bien être au niveau psychique.

Lorsque j’ai émis des doutes sur ma capacité à agir sur l’immunité de la personne, il m’a bien remise à ma place, en m’expliquant que « le système psycho émotionnel est performant. Il interagit avec le système immunitaire, et donne un coup de fouet. »

Selon ce spécialiste, les personnes qui développent la maladie de Lyme ont des points communs. Selon lui : « Les gens qui adoptent ces maladies ont eu un accident de vie, des ruptures, des impacts narcissiques ». « Le primum movens, c’est la pollution traumatique intense, avec des événements déclenchant ».

Ouf que ça aide d’avoir un back ground médical et biologique (mon premier métier est chercheur en biologie à l’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale), suivi d’études en psychologie !

En d’autres termes, nous allons travailler, dans le cas de cette maladie, sur les événements de vie qui ont été concomitants avec l’apparition du trouble, et notamment sur les traumatismes, qui souvent se sont accumulés et n’ont pas été totalement digérés par le psychisme. Les traumatismes à l’origine peuvent remonter bien avant l’apparition des troubles, mais on retrouve souvent un événement déclencheur.

En visitant les blessures narcissiques, profondes, qui selon ce médecin entretiennent la faiblesse du système immunitaire, nous avons visé à rétablir un certain équilibre émotionnel.

La plupart du temps, ce type de maladie, du fait de son aspect très invalidant, nécessite des adaptations importantes de la vie (rythme, nature des activités, prendre du temps pour soi, s’apporter de la douceur, revoir les aspects relationnels…).

Dans ce cadre, nous revoyons également l’hygiène de vie, par rapport à laquelle je peux apporter quelques conseils (sommeil, alimentation, rythme…). Ces conseils visent à retrouver l’équilibre interne à partir d’un changement des habitudes de vie.

Pour un témoignage sur l’apport de la sophro-analyse dans ce type de maladie, voici le témoignage de Sylvie, (également sur la page « témoignages« ). Un grand merci à Sylvie pour ce témoignage.

« Je suis atteinte de maladies auto-immunes et je souffre de douleurs, fatigue, limitations physiques et intellectuelles. On m’a diagnostiqué après 22 mois d’errance la maladie de Lyme chronique en 2011.

En rémission en 2012, (je me croyais guérie définitivement) j’ai repris ma vie sans me soucier de rien. La maladie est revenue me faucher à l’été 2014, beaucoup aggravée avec un intoxication aux métaux lourds, des co-infection de Lyme multiples, … et une mauvaise carte génétique.

Etant persuadée que les médicaments ne pouvaient pas tout résoudre, j’ai pris en charge la gestion de mon émotionnel avec la méditation dans un premier temps. Puis, j’ai voulu aller plus loin et ai essayé différentes thérapies pour me soulager.

Malgré de multiples thérapeutes très attentionnés, je n’ai pas réussi à me libérer de toute ma charge émotionnelle. Un ami m’a alors parlé de la sophro-analyse et des résultats qu’il a pu obtenir. Je me suis renseignée, j’ai lu des livres et suis aller voir Sylvie pour m’aider à me soulager dans la gestion de ma maladie dans la vie de tous les jours. Et nous avons visité ensemble plusieurs domaines de ma vie.

Je peux dire très sincèrement que c’est elle qui m’a amené le plus de libération. J’ai surtout apprécié son côté concret, terre à terre mais avec une intuition remarquable. Et nous avons fait ensemble un travail extraordinaire dans un temps limité.

Si vous êtes atteints de cette maladie et que vous  souhaitez échanger des renseignements, vous pouvez demander mon adresse mail à Sylvie. je vous répondrai avec plaisir. Merci encore Sylvie de tout mon cœur. »
Sylvie, 48 ans

La cancer

Il est reconnu par les spécialistes que le cancer survient souvent après un choc émotionnel important, ou un déséquilibre de vie majeur. Initialement moi même spécialise de cette maladie, au niveau biologique, je pourrais en parler longtemps.

Cette maladie est une lutte entre la vie et la mort, avec des cellules qui échappent au lien avec les tissus voisins et à la régulation de l’organisme. Mais en tirant profit de cette absence de contrôle de leur cycle de vie, les cellules du tissu malade peuvent finir par mourir de leur propre stratégie, car rien, dans notre environnement intérieur et extérieur, ne peut survivre en l’absence de lien. La communication avec les autres cellules et avec l’organisme tout entier à travers les médiateurs chimiques sont essentiels.

A titre personnel je pense que le cancer vient vraiment mettre fin à quelque chose qui doit être stoppé de toute urgence dans notre vie. Parfois il s’agit aussi de deuils à faire. Le lien avec la mort d’une personne ou d’une situation sont des pistes intéressantes à examiner.

Mon accompagnement visera à prendre en charge l’aspect émotionnel de la maladie. Le client pourra aborder ses peurs. L’approche de la sophrologie sera tout à fait adaptée afin de préparer la personne en cas d’intervention chirurgicale. 

Je remercie Brigitte pour son témoignage. Je l’ai accompagnée avant son opération pour une troisième tumeur cancéreuse. Voici son témoignage :

« J’ai contacté Sylvie après l’annonce d’une maladie et d’une intervention assez lourde prévue quelques mois plus tard.

J’avais besoin d’y voir plus clair dans ce qui m’arrivait et souhaitais une thérapie courte.

L’accueil de Sylvie est chaleureux et elle explique clairement le travail que l’on peut effectuer, elle a répondu aux questions ou doutes que j’ai pu avoir.

Dans ces séances Sylvie, par son écoute, m’a conduite à l’essentiel, à un parler vrai, en me remettant sur la ligne droite quand je m’en éloignais. A aller rapidement au cœur de mes émotions. Je ressens comme un fil léger mais solide qui s’est déroulé.

Ce travail m’a permis d’aborder sereinement la suite, notamment cette intervention qui s’est très bien passée. »
Brigitte, 67 ans

Les ouvrages et guides sur les liens entre maladie et psychisme

Il existe des guides explorant les liens entre maladie et psychisme, comme par exemple les ouvrages de Michel Odoul et de Jacques Martel. J’utilise parfois ces guides pour trouver des pistes sur l’origine psychologique de la maladie. En lisant le guide, nous voyons ensemble si quelque chose « parle » à la cliente.

Je sais que ces approches sont controversées au niveau médical, mais à titre personnel je les trouve souvent pertinentes.

Pour une approche psychanalytique du sujet, on peut aussi lire l’ouvrage « Notre corps ne ment jamais » de Alice Miller, doctoresse suisse en philosophie, psychologie, psychanalyse et chercheuse sur l’enfance (lien vers wikipedia). Cet auteur nous parle de « conflit intérieur », qui se résout à travers la maladie, et notamment les blessures d’enfance. Elle illustre ses propos en analysant la vie d’écrivains célèbres, dont elle note les conséquences dramatiques des conflits intérieurs non résolus.

 

 

Comment se libérer d’un système familial « fou » ?

07 Déc 2015

psychose

Dans son livre intitulé « La folie cachée- Survivre auprès d’une personne invivable », le psychanalyste Saverio Tomasella nous explique, de façon accessible, comment un système parental dysfonctionnel peut affecter toute notre vie.

Ce que l’auteur appelle « folie cachée » représente en fait toutes ces personnes qui vous enferment dans leur univers « dérangé », mais qui paraissent normales aux yeux de tous, à l’extérieur du huit clos familial. Lorsqu’on est élevé par de tels parents, comment se construire ? Comment retrouver confiance en soi alors qu’on a été « détruit » à l’intérieur, parfois de façon totalement insidieuse ? Et enfin, comment la sophro-analyse peut aider dans cette reconstruction de l’adulte, en partant de celle de notre enfant intérieur ?

Comment sait-on que l’on a vécu dans un tel système « anormal » ?

Disons simplement que lorsque l’on est enfant, nos parents devraient « normalement » nous témoigner de l’amour inconditionnel, nous protéger, nous encourager pour un développement harmonieux, nous donner un cadre éducatif sain, ferme et rassurant, et aussi, se comporter eux-mêmes en adultes responsables. Tout parent qui ne rentre pas dans cette description ne joue pas un rôle parental « normal » et équilibrant pour la vie psychique future de son enfant. Mais certains parents vont au-delà de simples déficiences de leur rôle parental, dont ils peuvent avoir plus ou moins conscience et qu’ils essayent de corriger. Ceux là pourraient simplement être considérés comme des parents inexpérimentés, qui apprennent leur difficile métier, mais avec le cœur toujours aimant et bienveillant. Non, le système dont il s’agit dans ce livre aboutit à saboter littéralement la confiance de leur enfant, en projetant sur eux leurs profondes blessures non résolues. Un exemple fréquent concerne les parents alcooliques déresponsabilisés que les enfants finissent par prendre en charge, ou encore, les parents totalement égocentrés, tellement préoccupés par eux mêmes qu’ils en deviennent incapables de s’occuper de leur enfant.

De façon plus visible, les parents objectivement maltraitants, physiquement ou moralement, entrent dans cette catégorie des systèmes dysfonctionnels. L’enfant qui ne peut trouver protection, réconfort, amour, bienveillance, de la part des adultes, se construira dans la peur, dans l’insécurité permanente, dans le désamour de lui-même, et aura du mal à s’épanouir à l’âge adulte.
Mon sujet ici ne sera pas de passer en revue toutes les formes de maltraitance. Si les maltraitances physiques sont les plus évidentes à reconnaître, il ne faut pas oublier le côté profondément destructeur de la maltraitance morale, la maltraitance indirecte par défaut de toute bienveillance adulte, celle-ci étant beaucoup plus discrète vis-à-vis de l’extérieur, et donc plus difficile à identifier. Pour des descriptions de ce type de maltraitance, je vous ramène à la lecture du livre de cet article.

Mes lectures, puis l’accompagnement de mes clients, m’ont donné les pistes suivantes pour aider à se reconstruire.

Identifier et nommer le système familial comme psychotique, « fou», même si la folie est bien cachée

La maltraitance induit des pertes de repères chez l’enfant, et ainsi malgré l’évidence de la maltraitance, n’ayant jamais connu d’autre réalité, il peut s’imaginer que ce qu’il vit est normal, que ses parents sont doux et affectueux, en dehors de leurs crises de violence. L’enfant reste la plupart du temps dans l’amour de ses parents, et pour survivre, il va commencer par incorporer leur système, puis, souvent, commencer sa vie d’adulte en le reproduisant plus ou moins. Certains se contenteront de la reproduction, un enfant maltraité devient un adulte maltraitant. Hélas, les problématiques non résolues par les parents vont ressurgir aux générations suivantes, qui auront bien plus de difficultés à les résoudre car venant des générations précédentes.

Le sophro-analyste n’est habilité à recevoir que les personnes qui ont déjà pris du recul par eux-mêmes, qui ont pris conscience du problème et ont eu la force de ne pas reproduire les effets néfastes du modèle parental. Mais, souvent, ils restent encore sous l’influence négative de ce système, et ont du mal à se développer. Là est le rôle de notre accompagnement.

Ce système a souvent une victime sensible, lucide, qui prend tout et est exclu

« Chaque fois, dans les familles où la tension est telle qu’elles semblent en permanence au bord de la rupture, c’est l’enfant le plus intelligent et le plus sensible qui sert de « soupape » ou de fusible au système ». Il m’est plusieurs fois arrivé de recevoir en consultation des personnes ayant une conscience claire du fait qu’ils ont une « mission » par rapport à leur famille. Souvent cette mission consiste à résoudre la problématique familiale. Le travail de sophro-analyse aura alors toute sa pertinence, en allant rechercher, au niveau transgénérationel, les schémas et comportements reproduits (appelés cryptes en psychanalyse). Les libérations sont alors très belles, car non seulement nous libérons le consultant, mais également ses descendants, qui n’auront plus à porter le problème mis à jour.
Ces personnes sensibles auront auparavant souvent eu une vie familiale vraiment difficile, car « la règle implacable des familles dérangées est le bannissement des témoins gênants, considérés comme trop dangereux parce que trop curieux ou trop lucides ». Le sujet sensible aura souvent été rejeté, les autres membres de la famille faisant corps pour s’opposer à la lucidité, éviter de voir la réalité gênante en face. Même en cours de thérapie, il reste difficile d’accepter que le rejet a déjà eu lieu, et de prendre le risque de s’isoler encore plus en terminant l’élucidation des raisons de la déficience familiale, au risque, parfois, de découvrir des secrets de famille bien gardés.

Prendre conscience de la façon dont on reproduit, dans notre vie, cet environnement, et identifier que cette lutte intérieure mène à l’épuisement puis, sur le long terme, à la dépression

Les personnes qui ont lucidement tenté d’éviter la reproduction du schéma familial arrivent souvent en consultation littéralement épuisées par cette lutte profonde entre leur lucidité et le refus de la réalité de leur famille. Par amour et par fidélité, elles restent comme prisonnières du système. Il est difficile de rester dans la prescience des problèmes, ceux-ci étant simplement perçus, mais non élucidés, ou non réglés. Cela provoque des états de lassitude profonde, de grande fatigue chronique, de déprime, voire des idées suicidaires lorsqu’elles ne se sentent ni écoutées, ni respectées, ni comprises, et ne trouvent pas, dans leur vie, le soutien familial dont elles auraient tant besoin.

Renoncer à son désir de reconnaissance et de justice par sa famille (être reconnu) ou à faire prendre conscience de la folie ou de la maladie

Une étape importante de la guérison consistera à une prise de conscience claire que l’on ne peut changer la réalité de ses parents, de son enfance passée. Par contre il nous appartient de l’observer, de décrire la situation de façon objective, avant de prendre de la distance. En sophro-analyse, nous pourrons travailler à la fois sur les plans psychiques de l’adulte, de l’enfant intérieur blessé, et du rôle de parent intérieur. Le parent intérieur, guidé par un adulte conscient et éclairé, prendra lui même soin de son enfant intérieur, en endossant le rôle momentané de « parent » bienveillant, qui explique la situation, rassure, et permet à son enfant intérieur de se dissocier du problème familial.

Renoncer à se croire malade à la place de l’autre

Bien des personnes qui ont dû supporter la pathologie cachée d’un proche vont souffrir d’anxiété, d’insomnie, et sombrer dans une dépression. Mais parfois ils se croient eux-mêmes malades, voire fous. Il leur et impossible de décrire leur souffrance psychique parce que la situation n’est pas claire, est difficile à reconnaître, à nommer. Ce n’est qu’une fois qu’une personne qualifiée l’aide à prendre conscience et à identifier ses souffrances, elles aussi tenues cachées et réprimées, que le client peut renoncer à se croire lui même malade.

Renoncer au masochisme de vie (se faire du mal, se complaire dans des situations où on est malheureux) dont fait partie l’entretien du doute, du fond mélancolique ou dépressif

Reproduisant l’environnement parental défaillant, il n’est pas rare que l’enfant de psychotique s’entoure de partenaires ou d’amis eux-mêmes peu équilibrés et équilibrants. Il est pourtant nécessaire de renoncer à s’infliger de rester au contact des personnes perturbées, même s’il est difficile de changer un système bien connu pour risquer l’inconnu d’un système exempt de souffrances quotidiennes. En effet, la lutte contre ces souffrances ont finalement donné un certain sens à la force de vie, et ce, dès le plus jeune âge. C’est alors toute la construction psychique qui s’est organisée autour de la souffrance intérieure. S’empêcher de rester dans des situations qui reproduisent la souffrance est une étape difficile, à réaliser en pleine conscience, au quotidien, et amène la personne à un changement radical d’habitudes. Le thérapeute a un rôle de soutien important lors de cette phase de reconstruction.

Ultime étape, cesser de se considérer comme une victime et comprendre le sens de ce parcours de l’âme

On peut s’arrêter à l’étape précédente, en se sentant libéré, distancié et auto-protégé par rapport au système défaillant. Mais après ce parcours de mieux être, il y a un risque de se considérer comme une victime. Au sens de l’âme, il n’y a ni victime ni persécuteur, simplement des expériences, qui permettent de réaliser des apprentissages de vie. 

La sophro-analyse est une méthode d’ouverture de conscience, mais aussi d’ouverture de cœur. Celle ci nous permet de ne pas oublier que le parent qui est apparu maltraitant, ne l’a pas fait de façon consciente et éclairée. La plupart du temps ce parent a lui même été élevé dans un système familial dysfonctionnel, où il n’aura pas non plus reçu tout l’amour dont il aurait eu besoin pour se construire avec confiance. Nous veillerons au cours de cet accompagnement à retrouver l’histoire familiale, en comprendre les schémas répétitifs maltraitants. Cette démarche nous permet alors de ressentir de la compassion pour ce parent, tout en prenant cette distance nécessaire pour se protéger.

Au final, se sortir de la reproduction d’un système parental profondément maltraitant ou dysfonctionnel est un long parcours, semé d’embûches, de retours en arrière. Mais le travail en vaut la chandelle. La sophro-analyse pourra être une des étapes sur ce parcours d’amour de soi. Ce type de thérapie mettra également l’accent sur le sens global d’avoir vécu cette expérience de vie, et permettra au consultant d’éclairer les ressources qu’il a mises en place dans son système de survie et d’autoprotection, souvent mêlés de courage, de force intérieure, de qualités humaines, d’attention à l’autre, de tolérance, de non jugement. Difficiles leçons acquises sur le parcours d’une âme ! A l’issue du travail, ces ressources, mises en place mais jusque là seulement à moitié déployées, pourront s’exprimer pleinement. Le parcours de la maltraitance est une empreinte fortement spirituelle, qui mène au dépassement de ses limites et à une grande ouverture de cœur et de conscience.

La séance de clôture de la psychothérapie fait partie intégrante du travail !

07 Déc 2015

Lorsque je termine un accompagnement avec une personne, je propose de faire un bilan de fin de travail, quelles que soient les circonstances de l’arrêt de la thérapie.

La personne a atteint ses objectifs de mieux être

Le plus fréquemment, les objectifs, fixés en début d’accompagnement, et dont l’évolution est suivie tout au long du processus, sont atteints. Il est alors une immense joie de faire ce bilan, à la fois pour le thérapisant et pour moi-même !

Ce bilan permet au thérapisant d’exprimer clairement qu’il est venu à bout de ses problèmes, et d’en dégager, au-delà du mieux être, une satisfaction profonde du travail accompli, les obstacles qui ont été franchis, une dernière valorisation de soi avant de repartir vers une nouvelle vie, sur de nouvelles bases. Le terme de renaissance, souvent exprimé, fait tellement de bien lorsqu’il est verbalisé tout haut !

Parfois, nous faisons également le point sur ce qui reste à mettre en place de façon concrète, dans la vie, si ceci ne s’est pas déjà produit en cours de thérapie. Par exemple, pour un client ayant des difficultés à rencontrer un partenaire, ce sera la certitude profonde que ce partenaire existe, que cette relation ne présente plus d’obstacles, même si le partenaire ne s’est pas encore présenté !

Mais n’oublions pas le thérapeute. Pour nous, c’est la satisfaction du travail accompli, et comme tout le monde, même si nous avons appris à travailler dans la neutralité, dans le détachement bienveillant par rapport à l’avancée de nos clients, car nous savons que nous ne sommes que des facilitateurs, la guérison étant toujours la seule responsabilité du client, un peu de satisfaction ne nuit pas !

Je propose au client de faire un témoignage sur son parcours, s’il le souhaite. Cela entérine son mieux être, lui permet de jeter un dernier regard sur le chemin parcouru, tout en me permettant de montrer de façon concrète à quoi sert la sophro-analyse dans le cas où la personne accepte que son témoignage soit publié sur mon site (pour voir la page des témoignages, cliquez ici. Un grand merci au passage pour les personnes qui ont rédigé ces lignes).

La personne s’arrête en cours de travail

Mais il arrive que le thérapisant ne souhaite pas poursuivre sa thérapie, pour diverses raisons, financières, reprise du travail, déménagement, mais aussi perte de confiance et de motivation par rapport aux obstacles rencontrés en cours de travail, insatisfaction par rapport aux attentes initiales, rencontre de résistances profondes… Nous observons deux attitudes : ceux qui se contentent de ne plus donner de nouvelles, et ceux qui se donnent la peine d’appeler pour dire qu’ils arrêtent, en donnant leurs raisons, ou, encore mieux, en le disant au cours de la séance précédant l’arrêt. Je préfère de loin la deuxième attitude, pour le thérapisant autant que pour moi.

Pour le client, la fuite n’est jamais une bonne chose. D’abord cela ne lui permet pas de verbaliser ce qui le bloque dans son processus. Ce blocage restera donc entier et psychiquement actif pour lui, et il y sera à nouveau confronté avec le prochain accompagnant. Nous recevons souvent des personnes qui ont déjà « essayé » de multiples thérapies, voire qui zappent systématiquement au bout de quelques séances, dès que le problème véritable fait surface. Une séance de bilan permettrait au thérapeute de pointer ce comportement, et de réaffirmer que la guérison dépend de l’investissement du client, et non du thérapeute.  Cette confusion est très fréquente, certaines personnes demandent au thérapeute de « résoudre » leurs problèmes. Bien que je le dise dès le début de mon accompagnement, la sophro-analyse ne fait pas partie des thérapies « miracles », susceptibles de résoudre en 3-4 séances des problèmes de toute une vie, sans investissement de la personne dans son processus de guérison. Cela a été difficile pour mon ego, mais j’ai décidé de laisser les miracles à Jésus (d’ailleurs même Lui, dans la bible, ne soignait que ceux qui le souhaitaient vraiment !).

La personne qui met fin à un accompagnement sans bilan part de plus avec une sorte de culpabilité de ne pas avoir dit ce qu’elle pense, ou au pire sur un transfert « ouvert » avec son thérapeute (une colère, un sentiment de non écoute, de découragement, un déni…). Faire une séance de clôture lui permettrait d’être dans une situation bien plus saine pour la suite de son travail sur elle même. C’est aussi une question de respect pour le thérapeute, qui, de son côté, a toujours fait de son mieux pour offrir un cadre bienveillant au développement de son client. Lorsqu’on dit simplement au revoir, on se sent tellement mieux ! Cela évite la culpabilité, plus ou moins consciente, qui pourrait naître. On est en paix avec soi, et avec l’autre. Au niveau symbolique, affronter cette peur de l’au revoir est affronter la peur de la mort, et de la séparation. C’est une dernière occasion de grandir, de s’exprimer, d’être entendu, écouté, respecté. Le client se rend compte qu’à travers la séparation, il conserve la faculté à aimer et à être aimé. Et même en cas d’insatisfaction, le bilan est extrêmement positif, car il montre qu’il a le droit d’exprimer son insatisfaction, que celle-ci est écoutée avec bienveillance et que sa perception, et sa décision, sont respectables et respectés.

Oui mais pourquoi payer une dernière séance si on veut arrêter ? Là je vous confis une expérience de thérapeute : Lorsque ce travail n’est pas fait, la séance sera faite de toutes façons par le prochain accompagnant, car, la déception étant restée « ouverte » et donc psychiquement active, c’est la première chose dont le client ait envie de se libérer lorsqu’il franchit une nouvelle porte ! Donc on n’aura rien économisé au final. Tout le monde a le droit de se tromper, et il est rare que l’on trouve le thérapeute qui nous convient dès le premier essai. D’ailleurs, toutes les personnes rencontrées font partie du long chemin du développement personnel. Il n’y a aucun travail inutile. 

Pour le thérapeute, cette séance est également utile. C’est une occasion de donner d’éventuels derniers encouragements, de nommer le transfert en cours, le cas échéant, réaffirmer le cadre respectueux et bienveillant d’une écoute qui peut reprendre à tout moment. Le thérapeute réaffirme l’entière liberté de son client par rapport à son travail. En sophro-analyse, nous ne nous opposons pas à l’arrêt d’un travail, comme je l’ai si souvent entendu dans le cadre de cures de psychanalyse. Si nécessaire, le thérapeute peut également analyser la situation de son côté, prendre du recul sur son travail, faire aussi son propre bilan, et… ranger le dossier ! Rappelons qu’en termes énergétiques, tout travail non terminé est psychiquement toxique, et consomme de l’énergie. Le thérapeute est aussi un être humain, régit par les mêmes lois psychiques !

Alors, sachons nous dire au revoir, dans le respect mutuel et l’amour bienveillant, seul cadre possible pour une psychothérapie !

fin de thérapie

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