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Sophro-analyse

Comment se libérer d’un système familial « fou » ?

07 Déc 2015

psychose

Dans son livre intitulé « La folie cachée- Survivre auprès d’une personne invivable », le psychanalyste Saverio Tomasella nous explique, de façon accessible, comment un système parental dysfonctionnel peut affecter toute notre vie.

Ce que l’auteur appelle « folie cachée » représente en fait toutes ces personnes qui vous enferment dans leur univers « dérangé », mais qui paraissent normales aux yeux de tous, à l’extérieur du huit clos familial. Lorsqu’on est élevé par de tels parents, comment se construire ? Comment retrouver confiance en soi alors qu’on a été « détruit » à l’intérieur, parfois de façon totalement insidieuse ? Et enfin, comment la sophro-analyse peut aider dans cette reconstruction de l’adulte, en partant de celle de notre enfant intérieur ?

Comment sait-on que l’on a vécu dans un tel système « anormal » ?

Disons simplement que lorsque l’on est enfant, nos parents devraient « normalement » nous témoigner de l’amour inconditionnel, nous protéger, nous encourager pour un développement harmonieux, nous donner un cadre éducatif sain, ferme et rassurant, et aussi, se comporter eux-mêmes en adultes responsables. Tout parent qui ne rentre pas dans cette description ne joue pas un rôle parental « normal » et équilibrant pour la vie psychique future de son enfant. Mais certains parents vont au-delà de simples déficiences de leur rôle parental, dont ils peuvent avoir plus ou moins conscience et qu’ils essayent de corriger. Ceux là pourraient simplement être considérés comme des parents inexpérimentés, qui apprennent leur difficile métier, mais avec le cœur toujours aimant et bienveillant. Non, le système dont il s’agit dans ce livre aboutit à saboter littéralement la confiance de leur enfant, en projetant sur eux leurs profondes blessures non résolues. Un exemple fréquent concerne les parents alcooliques déresponsabilisés que les enfants finissent par prendre en charge, ou encore, les parents totalement égocentrés, tellement préoccupés par eux mêmes qu’ils en deviennent incapables de s’occuper de leur enfant.

De façon plus visible, les parents objectivement maltraitants, physiquement ou moralement, entrent dans cette catégorie des systèmes dysfonctionnels. L’enfant qui ne peut trouver protection, réconfort, amour, bienveillance, de la part des adultes, se construira dans la peur, dans l’insécurité permanente, dans le désamour de lui-même, et aura du mal à s’épanouir à l’âge adulte.
Mon sujet ici ne sera pas de passer en revue toutes les formes de maltraitance. Si les maltraitances physiques sont les plus évidentes à reconnaître, il ne faut pas oublier le côté profondément destructeur de la maltraitance morale, la maltraitance indirecte par défaut de toute bienveillance adulte, celle-ci étant beaucoup plus discrète vis-à-vis de l’extérieur, et donc plus difficile à identifier. Pour des descriptions de ce type de maltraitance, je vous ramène à la lecture du livre de cet article.

Mes lectures, puis l’accompagnement de mes clients, m’ont donné les pistes suivantes pour aider à se reconstruire.

Identifier et nommer le système familial comme psychotique, « fou», même si la folie est bien cachée

La maltraitance induit des pertes de repères chez l’enfant, et ainsi malgré l’évidence de la maltraitance, n’ayant jamais connu d’autre réalité, il peut s’imaginer que ce qu’il vit est normal, que ses parents sont doux et affectueux, en dehors de leurs crises de violence. L’enfant reste la plupart du temps dans l’amour de ses parents, et pour survivre, il va commencer par incorporer leur système, puis, souvent, commencer sa vie d’adulte en le reproduisant plus ou moins. Certains se contenteront de la reproduction, un enfant maltraité devient un adulte maltraitant. Hélas, les problématiques non résolues par les parents vont ressurgir aux générations suivantes, qui auront bien plus de difficultés à les résoudre car venant des générations précédentes.

Le sophro-analyste n’est habilité à recevoir que les personnes qui ont déjà pris du recul par eux-mêmes, qui ont pris conscience du problème et ont eu la force de ne pas reproduire les effets néfastes du modèle parental. Mais, souvent, ils restent encore sous l’influence négative de ce système, et ont du mal à se développer. Là est le rôle de notre accompagnement.

Ce système a souvent une victime sensible, lucide, qui prend tout et est exclu

« Chaque fois, dans les familles où la tension est telle qu’elles semblent en permanence au bord de la rupture, c’est l’enfant le plus intelligent et le plus sensible qui sert de « soupape » ou de fusible au système ». Il m’est plusieurs fois arrivé de recevoir en consultation des personnes ayant une conscience claire du fait qu’ils ont une « mission » par rapport à leur famille. Souvent cette mission consiste à résoudre la problématique familiale. Le travail de sophro-analyse aura alors toute sa pertinence, en allant rechercher, au niveau transgénérationel, les schémas et comportements reproduits (appelés cryptes en psychanalyse). Les libérations sont alors très belles, car non seulement nous libérons le consultant, mais également ses descendants, qui n’auront plus à porter le problème mis à jour.
Ces personnes sensibles auront auparavant souvent eu une vie familiale vraiment difficile, car « la règle implacable des familles dérangées est le bannissement des témoins gênants, considérés comme trop dangereux parce que trop curieux ou trop lucides ». Le sujet sensible aura souvent été rejeté, les autres membres de la famille faisant corps pour s’opposer à la lucidité, éviter de voir la réalité gênante en face. Même en cours de thérapie, il reste difficile d’accepter que le rejet a déjà eu lieu, et de prendre le risque de s’isoler encore plus en terminant l’élucidation des raisons de la déficience familiale, au risque, parfois, de découvrir des secrets de famille bien gardés.

Prendre conscience de la façon dont on reproduit, dans notre vie, cet environnement, et identifier que cette lutte intérieure mène à l’épuisement puis, sur le long terme, à la dépression

Les personnes qui ont lucidement tenté d’éviter la reproduction du schéma familial arrivent souvent en consultation littéralement épuisées par cette lutte profonde entre leur lucidité et le refus de la réalité de leur famille. Par amour et par fidélité, elles restent comme prisonnières du système. Il est difficile de rester dans la prescience des problèmes, ceux-ci étant simplement perçus, mais non élucidés, ou non réglés. Cela provoque des états de lassitude profonde, de grande fatigue chronique, de déprime, voire des idées suicidaires lorsqu’elles ne se sentent ni écoutées, ni respectées, ni comprises, et ne trouvent pas, dans leur vie, le soutien familial dont elles auraient tant besoin.

Renoncer à son désir de reconnaissance et de justice par sa famille (être reconnu) ou à faire prendre conscience de la folie ou de la maladie

Une étape importante de la guérison consistera à une prise de conscience claire que l’on ne peut changer la réalité de ses parents, de son enfance passée. Par contre il nous appartient de l’observer, de décrire la situation de façon objective, avant de prendre de la distance. En sophro-analyse, nous pourrons travailler à la fois sur les plans psychiques de l’adulte, de l’enfant intérieur blessé, et du rôle de parent intérieur. Le parent intérieur, guidé par un adulte conscient et éclairé, prendra lui même soin de son enfant intérieur, en endossant le rôle momentané de « parent » bienveillant, qui explique la situation, rassure, et permet à son enfant intérieur de se dissocier du problème familial.

Renoncer à se croire malade à la place de l’autre

Bien des personnes qui ont dû supporter la pathologie cachée d’un proche vont souffrir d’anxiété, d’insomnie, et sombrer dans une dépression. Mais parfois ils se croient eux-mêmes malades, voire fous. Il leur et impossible de décrire leur souffrance psychique parce que la situation n’est pas claire, est difficile à reconnaître, à nommer. Ce n’est qu’une fois qu’une personne qualifiée l’aide à prendre conscience et à identifier ses souffrances, elles aussi tenues cachées et réprimées, que le client peut renoncer à se croire lui même malade.

Renoncer au masochisme de vie (se faire du mal, se complaire dans des situations où on est malheureux) dont fait partie l’entretien du doute, du fond mélancolique ou dépressif

Reproduisant l’environnement parental défaillant, il n’est pas rare que l’enfant de psychotique s’entoure de partenaires ou d’amis eux-mêmes peu équilibrés et équilibrants. Il est pourtant nécessaire de renoncer à s’infliger de rester au contact des personnes perturbées, même s’il est difficile de changer un système bien connu pour risquer l’inconnu d’un système exempt de souffrances quotidiennes. En effet, la lutte contre ces souffrances ont finalement donné un certain sens à la force de vie, et ce, dès le plus jeune âge. C’est alors toute la construction psychique qui s’est organisée autour de la souffrance intérieure. S’empêcher de rester dans des situations qui reproduisent la souffrance est une étape difficile, à réaliser en pleine conscience, au quotidien, et amène la personne à un changement radical d’habitudes. Le thérapeute a un rôle de soutien important lors de cette phase de reconstruction.

Ultime étape, cesser de se considérer comme une victime et comprendre le sens de ce parcours de l’âme

On peut s’arrêter à l’étape précédente, en se sentant libéré, distancié et auto-protégé par rapport au système défaillant. Mais après ce parcours de mieux être, il y a un risque de se considérer comme une victime. Au sens de l’âme, il n’y a ni victime ni persécuteur, simplement des expériences, qui permettent de réaliser des apprentissages de vie. 

La sophro-analyse est une méthode d’ouverture de conscience, mais aussi d’ouverture de cœur. Celle ci nous permet de ne pas oublier que le parent qui est apparu maltraitant, ne l’a pas fait de façon consciente et éclairée. La plupart du temps ce parent a lui même été élevé dans un système familial dysfonctionnel, où il n’aura pas non plus reçu tout l’amour dont il aurait eu besoin pour se construire avec confiance. Nous veillerons au cours de cet accompagnement à retrouver l’histoire familiale, en comprendre les schémas répétitifs maltraitants. Cette démarche nous permet alors de ressentir de la compassion pour ce parent, tout en prenant cette distance nécessaire pour se protéger.

Au final, se sortir de la reproduction d’un système parental profondément maltraitant ou dysfonctionnel est un long parcours, semé d’embûches, de retours en arrière. Mais le travail en vaut la chandelle. La sophro-analyse pourra être une des étapes sur ce parcours d’amour de soi. Ce type de thérapie mettra également l’accent sur le sens global d’avoir vécu cette expérience de vie, et permettra au consultant d’éclairer les ressources qu’il a mises en place dans son système de survie et d’autoprotection, souvent mêlés de courage, de force intérieure, de qualités humaines, d’attention à l’autre, de tolérance, de non jugement. Difficiles leçons acquises sur le parcours d’une âme ! A l’issue du travail, ces ressources, mises en place mais jusque là seulement à moitié déployées, pourront s’exprimer pleinement. Le parcours de la maltraitance est une empreinte fortement spirituelle, qui mène au dépassement de ses limites et à une grande ouverture de cœur et de conscience.

La séance de clôture de la psychothérapie fait partie intégrante du travail !

07 Déc 2015

Lorsque je termine un accompagnement avec une personne, je propose de faire un bilan de fin de travail, quelles que soient les circonstances de l’arrêt de la thérapie.

La personne a atteint ses objectifs de mieux être

Le plus fréquemment, les objectifs, fixés en début d’accompagnement, et dont l’évolution est suivie tout au long du processus, sont atteints. Il est alors une immense joie de faire ce bilan, à la fois pour le thérapisant et pour moi-même !

Ce bilan permet au thérapisant d’exprimer clairement qu’il est venu à bout de ses problèmes, et d’en dégager, au-delà du mieux être, une satisfaction profonde du travail accompli, les obstacles qui ont été franchis, une dernière valorisation de soi avant de repartir vers une nouvelle vie, sur de nouvelles bases. Le terme de renaissance, souvent exprimé, fait tellement de bien lorsqu’il est verbalisé tout haut !

Parfois, nous faisons également le point sur ce qui reste à mettre en place de façon concrète, dans la vie, si ceci ne s’est pas déjà produit en cours de thérapie. Par exemple, pour un client ayant des difficultés à rencontrer un partenaire, ce sera la certitude profonde que ce partenaire existe, que cette relation ne présente plus d’obstacles, même si le partenaire ne s’est pas encore présenté !

Mais n’oublions pas le thérapeute. Pour nous, c’est la satisfaction du travail accompli, et comme tout le monde, même si nous avons appris à travailler dans la neutralité, dans le détachement bienveillant par rapport à l’avancée de nos clients, car nous savons que nous ne sommes que des facilitateurs, la guérison étant toujours la seule responsabilité du client, un peu de satisfaction ne nuit pas !

Je propose au client de faire un témoignage sur son parcours, s’il le souhaite. Cela entérine son mieux être, lui permet de jeter un dernier regard sur le chemin parcouru, tout en me permettant de montrer de façon concrète à quoi sert la sophro-analyse dans le cas où la personne accepte que son témoignage soit publié sur mon site (pour voir la page des témoignages, cliquez ici. Un grand merci au passage pour les personnes qui ont rédigé ces lignes).

La personne s’arrête en cours de travail

Mais il arrive que le thérapisant ne souhaite pas poursuivre sa thérapie, pour diverses raisons, financières, reprise du travail, déménagement, mais aussi perte de confiance et de motivation par rapport aux obstacles rencontrés en cours de travail, insatisfaction par rapport aux attentes initiales, rencontre de résistances profondes… Nous observons deux attitudes : ceux qui se contentent de ne plus donner de nouvelles, et ceux qui se donnent la peine d’appeler pour dire qu’ils arrêtent, en donnant leurs raisons, ou, encore mieux, en le disant au cours de la séance précédant l’arrêt. Je préfère de loin la deuxième attitude, pour le thérapisant autant que pour moi.

Pour le client, la fuite n’est jamais une bonne chose. D’abord cela ne lui permet pas de verbaliser ce qui le bloque dans son processus. Ce blocage restera donc entier et psychiquement actif pour lui, et il y sera à nouveau confronté avec le prochain accompagnant. Nous recevons souvent des personnes qui ont déjà « essayé » de multiples thérapies, voire qui zappent systématiquement au bout de quelques séances, dès que le problème véritable fait surface. Une séance de bilan permettrait au thérapeute de pointer ce comportement, et de réaffirmer que la guérison dépend de l’investissement du client, et non du thérapeute.  Cette confusion est très fréquente, certaines personnes demandent au thérapeute de « résoudre » leurs problèmes. Bien que je le dise dès le début de mon accompagnement, la sophro-analyse ne fait pas partie des thérapies « miracles », susceptibles de résoudre en 3-4 séances des problèmes de toute une vie, sans investissement de la personne dans son processus de guérison. Cela a été difficile pour mon ego, mais j’ai décidé de laisser les miracles à Jésus (d’ailleurs même Lui, dans la bible, ne soignait que ceux qui le souhaitaient vraiment !).

La personne qui met fin à un accompagnement sans bilan part de plus avec une sorte de culpabilité de ne pas avoir dit ce qu’elle pense, ou au pire sur un transfert « ouvert » avec son thérapeute (une colère, un sentiment de non écoute, de découragement, un déni…). Faire une séance de clôture lui permettrait d’être dans une situation bien plus saine pour la suite de son travail sur elle même. C’est aussi une question de respect pour le thérapeute, qui, de son côté, a toujours fait de son mieux pour offrir un cadre bienveillant au développement de son client. Lorsqu’on dit simplement au revoir, on se sent tellement mieux ! Cela évite la culpabilité, plus ou moins consciente, qui pourrait naître. On est en paix avec soi, et avec l’autre. Au niveau symbolique, affronter cette peur de l’au revoir est affronter la peur de la mort, et de la séparation. C’est une dernière occasion de grandir, de s’exprimer, d’être entendu, écouté, respecté. Le client se rend compte qu’à travers la séparation, il conserve la faculté à aimer et à être aimé. Et même en cas d’insatisfaction, le bilan est extrêmement positif, car il montre qu’il a le droit d’exprimer son insatisfaction, que celle-ci est écoutée avec bienveillance et que sa perception, et sa décision, sont respectables et respectés.

Oui mais pourquoi payer une dernière séance si on veut arrêter ? Là je vous confis une expérience de thérapeute : Lorsque ce travail n’est pas fait, la séance sera faite de toutes façons par le prochain accompagnant, car, la déception étant restée « ouverte » et donc psychiquement active, c’est la première chose dont le client ait envie de se libérer lorsqu’il franchit une nouvelle porte ! Donc on n’aura rien économisé au final. Tout le monde a le droit de se tromper, et il est rare que l’on trouve le thérapeute qui nous convient dès le premier essai. D’ailleurs, toutes les personnes rencontrées font partie du long chemin du développement personnel. Il n’y a aucun travail inutile. 

Pour le thérapeute, cette séance est également utile. C’est une occasion de donner d’éventuels derniers encouragements, de nommer le transfert en cours, le cas échéant, réaffirmer le cadre respectueux et bienveillant d’une écoute qui peut reprendre à tout moment. Le thérapeute réaffirme l’entière liberté de son client par rapport à son travail. En sophro-analyse, nous ne nous opposons pas à l’arrêt d’un travail, comme je l’ai si souvent entendu dans le cadre de cures de psychanalyse. Si nécessaire, le thérapeute peut également analyser la situation de son côté, prendre du recul sur son travail, faire aussi son propre bilan, et… ranger le dossier ! Rappelons qu’en termes énergétiques, tout travail non terminé est psychiquement toxique, et consomme de l’énergie. Le thérapeute est aussi un être humain, régit par les mêmes lois psychiques !

Alors, sachons nous dire au revoir, dans le respect mutuel et l’amour bienveillant, seul cadre possible pour une psychothérapie !

fin de thérapie

Derrière la criminalité, des leçons spirituelles de non jugement, d’amour, de culpabilité : enseignements d’un film d’été !

18 Août 2015

L’été nous avons la chance qu’à la télé passent quelques bons films. J’ai été particulièrement touchée hier par la portée psychique et spirituelle du film « Bons baisers de Bruges », de Martin Mac Donagh. Au début je me suis demandé s’il y avait un intérêt à regarder un film violent parlant de tueurs à gages, et puis je me suis progressivement laissée emportée par la dimension psychologique des personnages, dans un crescendo extraordinaire. Pour le synopsis du film, RDV sur Wiki … https://fr.wikipedia.org/wiki/Bons_baisers_de_Bruges

Quelle dimension spirituelle me direz-vous, chez des personnes qui tuent autrui pour de l’argent ? On pourrait croire à première vue à un non respect de la vie, du simple banditisme de personnes très peu éclairées. Puis on apprend que l’un d’eux, le plus jeune, ne se remet pas d‘avoir accidentellement tué un enfant lors d’une de ses missions, et cherche à se suicider pour se libérer de la culpabilité qu’il porte. Son ami tireur à gage est alors employé pour le liquider, le patron considérant qu’il s’agit d’une question d’honneur, l’erreur lui semblant impardonnable.

Mais au moment d’appuyer sur la gâchette, il voit son ami s’apprêtant à se suicider dans un parc pour enfants, et décide de ne pas le tuer. Il lui permet de s’enfuir, pour lui donner une chance de sauver des enfants, car il ne fera pas revenir celui qu’il a tué. Il sait alors qu’il met sa propre vie en danger. Et effectivement, le commanditaire revient pour faire le travail lui-même, tue le « vieux » qui a refusé de tuer son ami. Puis, en assassinant le jeune fautif, il tue lui même, par erreur, non pas un enfant se trouvant malencontreusement derrière sa cible, mais un nain. Il décide alors de s’appliquer à lui-même sa valeur d’honneur, et met fin à ses jours.

Ce film nous illustre au fond des principes spirituels très profonds. Le non jugement : Le jeune tueur à gage, dit le môme, tombe amoureux d’une jeune femme dealer, qu’il ne juge pas. Il trouve la beauté de cette personne derrière les apparences trompeuses. Et avant de mourir, il donne la totalité de son argent à une femme enceinte, pour son bébé. Il ne se remet jamais d’avoir tué un enfant. Au fond, son cœur reste toujours ouvert pour de bonnes actions. Il a également une grande ouverture de cœur, vis à vis de la personne de petite taille du film. S’agit-il d’une mauvaise personne ?

bruges 2Chez son ami, le « vieux », c’est l’amitié, ce type de relation où l’on donnerait sa vie pour celle de l’autre, forme d’amour inconditionnel. En sacrifiant sa vie pour donner une chance à son jeune ami de revenir vers de bonnes actions réparatrices, peut-on considérer qu’il s’agit d’une mauvaise personne ? Il a dans le film une profondeur et une culture importante.

Et même le commanditaire, qui n’hésite pas s’appliquer à lui-même le châtiment selon ses principes d’honneur, et a voulu offrir à celui qu’il s’apprêtait à éliminer un séjour dans une des plus belles villes du monde, il avait au moins cela de bon en lui.

Enfin, au niveau psychologique, les actions des personnages sont dominées par des sentiments de culpabilité. Se punir d’une culpabilité que l’on porte, est-ce un signe du mal ?

La spiritualité nous apprend à regarder derrière les apparences trompeuses, à trouver les qualités en toute personne, derrière les défauts évidents, à chercher l’amour caché et l’enseignement divin derrière chaque événement, chaque expérience de vie, y compris les plus traumatisantes. Et enfin, à cesser la pensée dualiste qui sépare le bien du mal, car on voit qu’en le « pire » des criminels les deux sont intriqués dans une grande complexité. Et cette culpabilité, moteur psychologique de tant de vies souffrantes !

Bien sûr, nous recevons rarement des criminels en consultation. La culpabilité et la dévalorisation qui les anime est trop forte pour franchir la porte. Quels que soient le type de culpabilité, ou la raison pour laquelle une personne se trouve dans une dévalorisation profonde, j’aime accompagner mes clients à trouver, sans aucun jugement, le petit grain de sable, l’événement, qui fait basculer nos vies, parfois en un instant, de l’un à l’autre, et à suivre le chemin que nous choisissons, mais de façon éclairée, la fermeture, ou l’ouverture de cœur.

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