La non dualité, principe fondamental de l’amour : Trois solutions pour l’appliquer au quotidien

06 Mai 2015

non dualitéPaieriez-vous avec une seule face de cette pièce ? Bien sûr que non, mais vous pouvez choisir quelle face vous montrez.

J’ai choisi cette métaphore pour parler de non-dualité. La non-dualité est l’une des leçons spirituelles les plus difficiles à acquérir. L’expérience spirituelle aboutit naturellement à l’effacement de toute dualité, de toute séparation. En réalisant sa vraie nature, l’homme acquiert la compréhension intime qu’il ne fait qu’un avec tout.

On retrouve ce principe au cœur de nombreuses philosophies à caractère religieux ou non. Dans la religion pré-Christique, ce sera la non séparation de l’homme avec le principe divin. Il s’agit pour nous de retrouver notre nature divine et créatrice de notre réalité, de nous distancer de l’illusion que nous vivons au quotidien. Pour les Taoistes, « la dualité et la multiplicité sont des reflets de l’Un. L’humain, empêtré dans le jeu antinomiste des paires duelles, ne voit pas qu’elles sont la manifestation de ce seul et même principe, ne parvient pas à en réaliser le sens et l’origine, puis à suivre la voie naturelle du « non-agir », qui signifie la fin de l’attachement, des passions, de l’individualité, et finalement, l’harmonisation avec la «vertu efficiente». (…) Le concept de non dualité fait référence à l’effacement total de l’ego qui laisserait place à l’amour inconditionnel, à la fusion complète avec le tout (ou le rien, selon les traditions). Transcender cette dualité permet d’accéder au bonheur et à l’amour de soi inconditionnel. » (citation wikipédia).

Mais avant d’en arriver à ce stade d’unicité, comment pouvons nous concrètement travailler sur cette notion de non dualité ? Je veux dire, nous qui ne sommes pas des maîtres spirituels, grands sages accomplis, philosophes éveillés ou êtres mystiques ?

A la racine de la dualité se trouvent le jugement, puis l’exclusion. Le jugement, c’est de prendre position, « ça c’est mal, c’est contraire à mes idées etc… ». On voit alors fleurir ce mode de communication actuel très dualiste qui consiste à dénoncer ce que nous observons. Ainsi les végétariens dénoncent et réprouvent la consommation de viandes animales, les personnes à sensibilité environnementale vont prendre position contre des énergies polluantes, les humanistes à s’insurger contre les inégalités sociales etc… Globalement, nous nous exprimons en étant « contre ».

Mais j’ai remarqué que bien souvent, ce mode de communication « contre » véhicule beaucoup de colère, de frustration ou de non tolérance. On essaye d’imposer à l’autre notre sensibilité, bien entendu persuadés que nous détenons la Vérité. Que se passe-t-il alors, de façon plus globale,  au niveau de l’énergie diffusée ? L’énergie diffusée rejoint l’égrégore de la colère et de l’opposition (j’entends par « égrégore » la forme-pensée humaine partagée par l’humanité). Finalement, en étant contre, et en diffusant nos idées de cette façon, nous croyons aider l’humanité à devenir conscient puis à adopter une meilleure cause. Mais selon moi, au final, il ne s’agit que de rejet, intolérance et colère, reportées sur des sujets généraux ! Nous n’aboutissons qu’à attiser le conflit, ce qui est inverse à l’amour !

D’accord madame, on vous suit… Mais comment faire alors ? Comment évoluer vers plus de respect, plus d’amour, de compassion ? Est-ce qu’on doit se contenter de ne rien faire ? Le non-agir est bien sûr une voie, tout à fait utile par défaut, mais difficile à suivre pour nous. Voici mes solutions plus « agissantes ».

1ère solution : Selon moi, il est important de diffuser des messages qui soient toujours formulés de façon positive. Je ne veux pas de ceci ? D’accord, qu’est ce que je veux à la place ? Par exemple, je suis sensible au fait de prendre la vie d’un animal pour me nourrir. Et bien je demande plus de respect pour toute forme de vie ! Je médite, j’éprouve de la gratitude envers toutes les formes de vie que je mange, y compris végétales, parce que je ne vois pas pourquoi on traiterait mal les végétaux, qui font aussi partie de la Création ! Je prépare de très bons plats végétariens à mes amis non végétariens. Je m’insurge contre la violence faite aux femmes ? D’accord, je deviens actif, je cherche comment je peux contribuer à leur apporter plus d’amour, à les protéger, à mon niveau etc… Ou tout simplement en partageant mon expérience, en expliquant ma souffrance, en m’en libérant, en faisant partie d’un groupe d’entraide… Car autrement, dans ma révolte, je ne fais que contribuer à accentuer l’égrégore de la colère humaine, et indirectement donc, à la violence faite aux animaux, aux femmes, à la terre.

Au final, tout ce que l’on exclue ne fait que renforcer son contraire !

2ème solution : J’agis en permanence conformément à mes convictions profondes. Je ne critique pas ce qui me paraît mal, mais j’évite de le faire. C’est en contribuant dans les actes quotidiens, en suivant notre nature profonde, que nous influençons le plus le monde. Bref, en nous contentant d’être, à notre petite échelle, ce que nous voulons que le monde soit, nous contribuons de façon beaucoup  plus positive à l’évolution de l’humanité.

Et si vous voulez aller plus loin, ayez de la compassion pour comprendre le comportement de celui qui ne partage pas votre point de vue, sans le juger. En reprenant cette cause que j’ai citée, on ne convaincra jamais un consommateur de viande de devenir végétarien en lui disant que c’est mal ou en le culpabilisant, c’est peine perdue ! Je l’ai remarqué de nombreuses fois : personne ne change d’idée en écoutant un dialogue contraire à ses opinions et croyances profondes ! Récemment je l’ai fait remarquer à un ami avec lequel nous avons discuté une demi-heure sur un sujet sur lequel nous n’avions pas la même opinion. Je me suis sentie vidée de mon énergie dans cet échange qui me paraissait sans fin. Puis à la fin de la discussion, je lui ai fait remarquer que ni l’un ni l’autre n’avions changé de point de vue, c’est à dire que cette perte d’énergie n’avait servi à défendre aucune cause ! Et là dessus nous sommes tombés d’accord !

PS 1: Pourquoi j’ai utilisé une pièce de monnaie pour cette métaphore ? Ce n’est pas une idée courante de montrer de l’argent dans le domaine de la spiritualité. Mais en fait pour moi, l’argent est une forme d’amour lorsqu’on le laisse circuler librement entre les êtres !

PS 2 : Et au fait, pourquoi parle-je de non dualité sur ce site de sophro-analyse ? Parce que ce principe est au cœur de la sophro-analyse, et donc de ma pratique, tout simplement !

Référence des lectures qui m’ont inspirée sur mon chemin d’évolution spirituelle vers la non dualité :
« Advaïta » de Daniel Meurois, éditions Le Passe-Monde
« L’évangile de Thomas » traduit et commenté par Jean-Yves Leloup, éditions Albin Michel