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Combattre la dépression… ou retrouver la joie ?

25 Juin 2018

Le combat « contre » le dépression est souvent infructueux

Souvent nous passons une partie de notre vie à combattre ce qui nous rend malheureux, sans jamais vraiment y parvenir.

D’une part parce que nous n’arrivons pas toujours à identifier précisément ce qui nous rend malheureux (la dépression est endémique en France, c’est la maladie du siècle !). Mais aussi parce que, lorsque nous creusons cette question, on peut se rendre compte qu’il n’y pas nécessairement de relation de cause à effet entre les éléments que nous pourrions identifier comme dépressiogènes et le sentiment de tristesse.

En d’autres termes, parfois, nous nous sentons heureux, alors que la situation extérieure est inchangée. Il nous arrive par exemple de trouver la solution pour résoudre un problème qui nous mine, et dont nous pensions qu’il s’agissait d’un obstacle majeur à notre bonheur…. Et au final, on ne se sent pas vraiment plus heureux après.

Vous savez ce sont les idées du style : ah si j’avais une maison, une voiture plus récente, un meilleur travail, un compagnon(e) plus aimant(e)… Là je serais heureux(se). Et tout compte fait, ce critère change, et on est toujours aussi triste.

Les conditions extérieures n’ont pas le pouvoir de nous rendre heureux

Cette question m’a beaucoup travaillée : il n’y a pas de corrélation réelle entre les éléments extérieurs de notre vie et le sentiment de bonheur intérieur.

Le circuit de la joie est-il défaillant ?

La spiritualité se contente d’affirmer qu’en effet, le bonheur, la joie, ne peuvent venir que de l’intérieur, d’un état que l’on crée soi même… Encore faudrait-il être certains que la biologie ne joue pas de véritable rôle non plus… En effet, il y a des gens qui me disent : je ne ressens pas la joie. C’est un peu comme si les chemins de cette émotion n’existaient pas, ou ne fonctionnaient pas, comme si rien ou presque parvenait à donner cette tonalité joyeuse et légère à notre humeur.

Mais… la thérapeute que je suis ne s’avoue pas vaincue pour autant ! Ces mêmes personnes arrivent à rire avec moi lors de nos consultations, et se sentent souvent légères en sortant… Donc, ma logique me dit que le circuit neuronal qui fait ressentir la joie existe bel et bien. Ouf, c’est une première étape de franchie.

Du coup je me suis demandé : puisqu’on arrive à retrouver cet état lors de nos échanges, le problème est : qu’est ce que la personne peut faire pour être joyeux sur un plus long terme ? Comment peut-elle redéclencher cet état loin de mon cabinet ?

Développer la joie plutôt que de combattre la tristesse


Me vint alors une stratégie plus efficace, ou du moins complémentaire, que celle utilisée couramment : plutôt que de chercher à identifier les éléments qui nous rendent malheureux (pense-t-on) puis à les combattre, voire à les supprimer, il serait très utile d’identifier plutôt ce qui nous rend régulièrement heureux, ce qui est associé à de la joie intérieure, puis à développer ces éléments.

J’ai observé cette stratégie.. C’est positif, et nettement plus efficace sur le long terme.

Sans doute cette pratique confirme-t-elle cet enseignement de la sagesse chinoise : nous ne faisons que renforcer ce contre quoi nous nous battons (y compris la dépression).

De même, focaliser notre attention sur ce qui nous rend joyeux, et non pas l’inverse, développe graduellement une attitude d’auto-observation positive et de joie intérieure.

Si vous avez des observations de ce type, n’hésitez pas à laisser un commentaire sous ce post !

Ces activités qui donnent du sens à notre vie… exit la dépression !

01 Fév 2018

Précisions sur la prestation appelée « Trouver sa mission de vie »

En ce début d’année 2018, j’ai développé une prestation que j’ai intitulée « trouver sa mission de vie » (voir page contact et tarifs). J’ai brièvement présenté cette prestation dans un premier article.

Pour cette prestation, j’ai mis en place un « protocole » pour une consultation, basée sur les échanges et vous aidant à écouter votre voix intérieure, cette sagesse profonde qui sait ce qui est bon pour nous.

Comme beaucoup d’entre nous je suis parfois influencée par le vocabulaire « dans l’air du temps », les slogans peut-être un peu aguicheurs. Puis je suis tombée sur une vidéo d’Isabelle Padovani (lien vers son site), spécialiste en communication non violente et enseignante, qui m’a fait prendre du recul. Et j’ai eu peur d’être mal comprise.

Pour visionner la vidéo d’Isabelle « Comment savoir quelle est ma mission de vie », suivez ce lien.

Une prestation qui ne vise pas à nourrir notre ego

Je tiens donc à préciser ici que lorsque je propose une séance pour trouver « sa mission de vie », en réalité il ne s’agit pas d’une séance pour nourrir votre ego, mais bien une séance pour revenir à ce qui vous met en joie. De nombreuses approches thérapeutiques et spirituelles actuelles flattent en réalité notre ego, nous faisant croire que nous avons une personnalité exceptionnelle, d’incroyables talents que nous ne parvenons même pas à imaginer, une mission unique au monde.

Ceci est probablement vrai pour certaines personnes. Mais je n’ai pas une vision du monde qui ferait que nous soyons tous extraordinaires. Je pense plutôt que toute vie, quelle qu’elle soit, et quelque soient nos réalisations, mérite d’être vécue. Ce qui me paraît important est de la vivre en conscience, et le plus heureux possible. Certains la vivront dans l’humilité, d’autres sous les feux de la lumière médiatique et du succès. Ces modalités d’expression de notre être ne changent rien à la qualité de la conscience qui grandit à l’intérieur de nous.

Je pense qu’une recherche egotique de mission de vie est une démarche superficielle pour combler des blessures narcissiques profondes, de la mauvaise façon.

C’est la raison pour laquelle il me paraît important de préciser que je propose ce type de prestation préférentiellement au cours de mes accompagnements, pas en une seule séance « miracle ». Car s’il y a un problème narcissique, un manque de confiance ou d’estime de soi, aller trop vite vers une réalisation « supérieure » s’appuierait sur des bases non solides et serait probablement voué à l’échec au final. Pour moi, il est donc important de travailler d’abord les aspects profonds de la personnalité, l’estime, la confiance, le désir de vie. 

Quelles ont été mes influences pour développer cette prestation ?

Ceux qui me suivent sur ce blog le savent : mes influences de réflexion et sources d’inspiration sont multiples. Elles vont de la psychologie à la philosophie existentialiste, en passant par la spiritualité.

La source d’inspiration de la trame de cette prestation est Deepak Chopra. D’origine indienne et de nationalité américaine, Deepak Chopra est un penseur, conférencier et écrivain à succès sur les thèmes de la spiritualité et de la médecine alternative (voir plus sur Wikipedia).

Il nous parle de Dharma, terme sanskrit important dans les spiritualités indiennes. Ce terme regroupe plusieurs significations, mais Deepak l’utilise le plus souvent dans le sens de « life purpose », donc « but de notre vie », ou « mission de vie ». Voilà donc la raison profonde pour laquelle j’ai utilisé ce terme au départ.

Ce dharma se trouve dans le silence, lorsqu’on écoute notre voix intérieure. Nous y avons tous accès. Je suis simplement une aide pour aider mes clients à écouter cette guidance intérieure. 

La notion de dharma est expliquée dans le septième chapitre de cet ouvrage « Les sept lois spirituelles du succès« . C’est une des notions à connaître lorsqu’on souhaite développer le succès dans sa vie, être heureux, ce que d’autres nomment « aligné ». En deux mots il s’agit de consacrer notre vie à ce qui nous fait vraiment vibrer, plutôt que de la remplir d’activités qui deviennent vides de sens du type « métro-boulot-dodo » (sans compter enfants, repas, ménage, ça c’est mon clin d’œil de femme et mère ;-).

Je reproche simplement à cet ouvrage de faire croire aux gens qu’on doit vivre de notre passion.  Parfois cette approche me paraît un peu idéaliste ou simpliste (c’est bien dans la culture américaine qui prône que tout est possible, qu’il faut réaliser ses rêves !). A titre personnel par exemple, une de mes activités préférées est l’écriture, mais ce n’est pas cela qui me fait vivre, en dehors du fait que les articles de ce blog attirent quelques clients qui ont envie de me faire confiance pour les accompagner vers leur mieux être.

Du coup par rapport à ce type de référence, et en restant toujours dans la culture indienne, je m’inspire aussi des notions spirituelles issues de la sagesse des yogi indiens. L’ouvrage moins médiatique du guide spirituel et yogi Paramhansa Yogananda (en savoir plus sur wikipedia) me paraît à ce niveau plus modéré. Tout en mettant également l’accent sur la méditation, la spiritualité et sur notre « mission de vie », il intègre le fait qu’on n’arrive pas toujours à faire de cette mission un gagne pain.

 

Ceci dit, je ne suis pas uniquement inspirée par les approches spirituelles. Je me nourris également des approches philosophiques plus proches de ma culture européenne. Pour revenir à de la psychologie positive, au final j’aime beaucoup la notion « d’activité autotélique« , développée par le psychologue hongrois Mihaly Csikszentmihalyi (en savoir plus), qui lui parle plutôt de « voix du bonheur ».

Ce livre « Vivre : ma psychologie du bonheur »est un peu moins « commercial » actuellement (toutes les modes passent !), mais j’apprécie que l’auteur relie l’état de bonheur non pas au succès comme pour les auteurs précédents, mais plutôt à un état de joie intérieure, de satisfaction et de fluidité mentale, générateurs du sentiment global de bien être profond. 

 

Seulement voilà, « trouvez votre activité autotélique », ça parle moins aux gens . Et « comment être heureux », c’est un peu vague ! 

La dépression par absence de sens

Pour conclure, un dernier mot sur la dépression.

Je reçois beaucoup de gens vraiment malheureux, auxquels on peut parfois diagnostiquer une dépression en raison des symptômes médicaux. Lorsque je les reçois, ils sont ou non sous antidépresseurs, mais reconnaissent que la molécule n’a pas d’effet sur eux. Simplement, le médecin ne sait pas comment résoudre leurs symptômes, et donne ce qui est à sa disposition.

Selon moi, il y a aujourd’hui beaucoup de « dépression de sens« , c’est à dire que la personne ne trouve pas de sens à sa vie, qui ne lui procure plus de joie. Typiquement la personne vit seule ou avec un partenaire qu’elle n’aime plus, et remplit sa journée d’un métier qui l’ennuie. Dans un premier temps, on peut s’investir dans la parentalité, source de grandes joies, et cela permet d’éprouver un certain sentiment de bonheur familial. Mais il arrive un moment où les enfants grandissent, ou alors tout simplement on vieillit. A ce moment là nos activités vides de sens se referment sur nous comme des prisons. 

Il est très difficile d’en sortir, car ces prisons sont aussi nos zones de confort, et c’est bien pour cela qu’on y reste. Il faudra alors beaucoup de courage pour sortir de cet état dépressif auquel on s’est identifié pour trouver une raison à cette absence de joie, et aller enfin vers les activités qui nous rendent heureux, nos activités-sens.

Je vous invite à lire les témoignages de celles et ceux qui ont franchi le cap avec moi, sur ma page témoignage. Exit la dépression par absence de sens !

Que faire en cas de dépression sévère ?

28 Juil 2017

La dépression : échec de la quête d’amour ?

Lorsque sa quête d’amour échoue, l’homme se retrouve comme happé par un des plus grands archétypes de l’humanité : la dépression. Colère, joie et peurs, les autres émotions vitales, sont mises au second plan du psychisme, masquées par la tristesse. Cette tristesse qui envahit toutes les sphères de la vie, et vide l’homme de son énergie.

La colère n’est pourtant pas loin. C’est comme si notre présence sur terre se rapportait à l’achat d’un produit qui ne ne fonctionne pas, ou un voyage organisé qui ne tient pas ses alléchantes promesses ; on a envie de se révolter.Mais la dépression, comme un virus informatique, a désactivé la fonction « révolte ». Comme sous l’emprise d’une sorte de soumission, la dépression se comporte en maître, se subit.

La peur non plus n’est pas loin. Comme toute émotion qui s’oppose à l’amour, elle sape les capacités d’espoir dans un futur meilleur. Peur de rester dans cet état, peur de terminer le voyage sans avoir vu les paysages promis et tant attendus, peur de se retrouver sans amour à partager.

La dépression, ce sentiment d’échec qui isole

Parmi les sentiments propres à l’état dépressif se trouvent ceux de l’échec et de la solitude. La dépression isole, renforçant ce sentiment de n’être pas désirable, ni aimé ni aimable, de soi ou des autres. Du fait que la dépression est tabou, le dépressif se cache, a honte, sent qu’il n’a rien à offrir, se dévalorise. Il ignore bien entendu qu’il partage cet état avec des millions de personnes, la dépression touchant près d’un quart de la population sur une vie entière.

Mais avant d’être submergé par cet état, la personne a longuement lutté contre sa tristesse et son manque d’envie. Cette lutte l’a épuisé. De là vient le sentiment d’échec. On a perdu une bataille. Mais de quelle bataille s’agit-il au juste ? La bataille qui fait que nous ne sommes pas dans la vie que nous aurions souhaitée.

En recevant les personnes qui me consultent, j’ai été marquée par un fait : la bataille perdue se rapporte souvent à l’amour. Sans amour, le désir de vie s’étiole, lentement, inexorablement. Parfois aussi c’est l’autre expression de la libido qui est touchée : la créativité, notre raison profonde d’être au monde.

Retrouver ce qui nous anime au plus profond de notre être

L’état dépressif survient lorsque nous avons perdu la capacité de rêver qui nous sommes, et de suivre ce rêve. Il faut revenir en arrière : à quoi avons nous renoncé ? Qu’est ce qui a bien pu nous mener sur cette pente glissante d’une vie prêt à porter ? Le conformisme souvent. Il faut suivre les modèles sociaux en vigueur, sous peine d’être exclu de cette société. Franchement, ces zombies qui marchent dans la rue, ces têtes d’enterrement qui reviennent de leur travail aussi ennuyeux que harassant, ces mines fermées qui font des courses et n’éprouvent plus de joie visible à consommer, est-ce là un modèle social si enthousiasmant ?

Nous renonçons souvent du fait des responsabilités qui nous incombent. Il faut bien se loger et se nourrir, élever nos enfants et leur offrir la possibilité d’être plus heureux que nous. Erreur ! Aucune vie joyeuse ne se fonde sur un sacrifice parental. La dépression se propage de façon sournoise de génération en génération, et attend qu’un membre de la lignée se relève, suive ses rêves.

Accepter l’inacceptable

Le déprimé a t-il perdu toute envie ? Vraiment ? Mais qu’en est-il de l’envie de ne rien faire, de passer sa journée à se reposer, de glander en pyjama ? Le problème est que ces envies là ne sont pas socialement valorisées. Elles sont associées à de la culpabilité, celle de ne rien faire. Et en terme de culpabilité, la personne déprimée excelle ! Nous sommes dans des sociétés de bien être, d’action, de joie. Celui qui ne fait rien de ses journées est considéré comme un fainéant.

Conseil n° 1 : retrouvez, et acceptez pleinement cette envie de ne rien faire. Le désir émerge de l’attente, de l’absence de désir. Tout comme la création surgit du vide. Cessez de vous forcer, vous aggravez la situation. Si des personnes attendent des choses de vous, sachez que vous devez vous considérer comme votre priorité n° 1 ! Expliquez à votre entourage votre besoin de repos, d’inactivité. Loin de les frustrer, vous leur renseignerez une valeur sûre, une pépite de l’éducation, et donnerez l’exemple : la capacité à s’arrêter, à écouter son besoin profond, à ne rien faire, à s’ennuyer !

Faire une croix sur les culpabilités passées

La personne déprimée vit dans le passé, celui des regrets, des fautes, des erreurs, des culpabilités. Certes nous faisons tous des erreurs, mais l’erreur la plus grossière est celle de payer toute notre vie des erreurs sur lesquelles il nous est impossible de revenir. Alors puisqu’il est impossible de revenir sur les mauvais choix du passé, autant passer à autre chose. La seule valeur de temps sur laquelle nous pouvons avoir une influence est le présent.

Faites la liste de vos sentiments de culpabilité. Regardez les droit dans les yeux, retirez-en des enseignements. L’évolution se fait, pour tous, selon le principe de l’erreur. Nous apprenons en nous trompant. C’est ainsi. L’enfant apprend à marcher en tombant, les scientifiques accroissent notre niveau de connaissance en démontrant que les hypothèses passées sont fausses. Nos erreurs sont des enseignements personnels ! La seule chose à faire par rapport à des situations du passé qui génèrent en nous des sentiments de culpabilité est d’en retirer des leçons de vie. Prenez ces enseignements, changez vos comportements en conséquence, et puis jetez la liste des culpabilités à la poubelle !

Faire le deuil

Une autre chose m’a frappée en accompagnant mes clients déprimés : les deuils non faits sont une source de dépression extrêmement fréquente ! Il est important d’examiner de près, dans notre vie, quels sont les deuils qui n’ont pas été faits. Qu’il s’agisse de deuils de personnes qu’on a aimées, de deuils d’anciennes relations amoureuses, de deuils d’anciennes situations. Lorsqu’on déprime, on a un mal fou à tourner les pages. On se raccroche aux situations de bonheur passées comme des berniques sur leur rocher ! Mais ce comportement est l’inverse de la vie ! Je me répète, je le sais, mais la vie se conjugue au présent, toujours ! Ne cherchez pas les situations de joie dans le passé, ni dans le futur, la joie ne peut se sentir que dans le présent.

C’est le propre des émotions : un système psycho-chimique qui donne des sensations corporelles ! Peut-on jouir de nouveau en repensant au dernier rapport amoureux qui a déclenché cette jouissance ? Non, nous pouvons simplement créer de nouvelles situations de jouissance, nécessairement différentes. Pour preuve : nous avons tous des souvenirs très heureux. Prenons l’exemple de vacances qui nous ont comblés de plaisir. Reprenez les mêmes personnes, les mêmes lieux, dix années après, et vous constaterez que le sentiment de bonheur n’est plus le même. C’est une autre façon de se rendre compte que les sentiments, les émotions ressenties, sont une réaction complexe, qui implique de nombreux ingrédients, pour lesquelles il n’existe aucune recette.

Les personnes déprimées ont pour la plupart en commun le fait d’être restées bloquées sur des événements passés qui leur ont apporté de la joie. Cette joie du passé ne reviendra jamais telle quelle. Il faut passer à autre chose. Je comprends cette difficulté profonde à sortir de la situation actuelle, basée sur le passé, pour se diriger vers une nouvelle situation, porteuse de nouvelles joies. Car tout changement, tout mouvement vers l’avant, demande de l’énergie, ce dont est justement privée la personne déprimée. Je n’ai alors qu’un conseil : n’hésitez pas à demander de l’aide à un professionnel pour faire ce travail de deuil (relations, situations, amours…). Un processus de deuil inachevé consomme énormément d’énergie vitale. Cela paraît logique, car si on y réfléchi bien, on ne peut maintenir vivantes une personne, une situation, qu’au prix d’une immense énergie. Le deuil réussi permet de libérer l’énergie vitale consacrée à maintenir dans le présent des situations passées. C’est vraiment la clé de la sortie de la dépression.

Accepter de faire cette traversée seul, et de se confronter au vide intérieur

Il y a quelques temps j’avais débuté une étude psycho-sociale. Je cherchais à connaître de quelle façon les gens s’y prenaient lorsqu’ils traversent une situation difficile dans leur vie. Mon but était de savoir quels types de thérapeutes ils consultaient. Indirectement je cherchais à mieux répondre aux attentes de mes potentiels clients. J’ai cessé cette étude, qui était basée sur des interviews dans la rue, faute de temps, et aussi parce que je me suis rapidement rendue compte que la grande majorité des personnes que j’interrogeais se confiaient simplement à leur famille, et à leurs amis, en cas de douleur psychique. Rares étaient ceux qui consultaient un professionnel de la santé, et encore plus rares ceux qui avaient recours aux thérapies alternatives. J’ai vite compris qu’il m’aurait fallu des centaines d’interviews pour rencontrer suffisamment de personnes intéressées par les thérapies alternatives pour pouvoir tirer des conclusions sur leurs attentes.

L’enseignement ici est évident : nous sommes fondamentalement des êtres sociaux, qui avons besoin les uns des autres. Il est vrai que voir du monde, et se confier à des personnes de confiance dans notre entourage, est extrêmement important en cas de difficultés. Les personnes bien entourées, avec une famille aimante et compréhensible, capable d’entendre la douleur d’un proche, ont un atout majeur. Mais surtout, une famille aimante est un protecteur naturel contre la dépression. Ce qui ne veut pas dire qu’un individu bien entouré, qui reçoit suffisamment de signes manifestes d’amour, ne déprimera jamais. Mais il trouvera dans son entourage le soutien nécessaire pour traverser plus rapidement cette épreuve de la vie. La déprime aura moins de chance de se prolonger, voire de devenir chronique.

Mais le soutien d’un entourage bien intentionné ne fait pas tout. Une part de la douleur ne peut se partager. Nous sommes obligés d’accepter de la traverser, seuls. C’est notre part de travail intérieur. Même si cela paraît inconvenant, je conseille de faire ce travail dans une certaine solitude. Nous avons besoin de ce temps d’isolement pour accepter pleinement la situation douloureuse. Sinon nous risquons de nous réfugier dans la fuite.

Le deuil par exemple nécessite d’accepter d’être séparé de celui qu’on aime (et par extension des situations qui nous procuraient du plaisir). Cela implique d’accepter de rester seul. Afin de traverser réellement la dépression, il est indispensable de faire face à soi même, de se retrouver en quelque sorte, et de commencer à se reconstruire. De même qu’il ne nous viendrait pas à l’idée de construire un bâtiment neuf sur les fondations inadaptées d’une vieille demeure, le voyage vers de nouvelles modalités de vie, faisant suite à la dépression, nécessite qu’on ait le courage de construire de nouvelles fondations saines sans conserver les anciens matériaux. Sortir de la dépression nécessite donc du temps, et un certain degré de solitude.

Attention aux refuges addictifs contre le vide

Je rencontre également de nombreuses personnes qui ont trouvé des subterfuges pour ne pas faire face à leur position dépressive. Je devrais plutôt parler de refuges. Ces refuges bien connus sont des substances (alcool, drogues, nourriture), des activités (sport excessif, travail, écrans, toute autre activité qui devient une sorte d’obligation, de fuite du vide). Je constate un nouveau refuge fréquent : celui du développement personnel. Pour faire face à l’absence de sens de leur vie, et à la position dépressive, on passe son temps dans des démarches de développement personnel, stages, formations, thérapies alternatives… La non acceptation de la dépression mène à toutes sortes de comportements addictifs. Les addictions remplacent le vide auquel nous sommes confrontés lorsque nous nous retrouvons seuls, faces à nous mêmes.

C’est pourquoi je conseille d’accepter de prendre de grands moments de solitude, afin de traverser en pleine conscience ce vide béant de nos existences. C’est une condition indispensable pour passer véritablement à autre chose, pour ouvrir de nouveaux horizons.

Ces conseils paraîtront probablement incongrus à toute personne qui traverse une dépression et vit déjà un grand isolement social. Ma question est alors : acceptez-vous vraiment cette solitude et cette tristesse ? En termes de modalités pratiques, cela veut dire : s’asseoir, et accepter de vivre pleinement la tristesse qui se présente. S’il faut pleurer, pleurez. Si la colère vient, c’est bon signe, déjà quelque chose va vers l’extérieur. Vivez là .

Colère et tristesse sont souvent associés. En fait j’ai constaté que lorsqu’on creuse dans nos profondeurs psychiques, la colère face à une situation précède souvent la tristesse que cette même situation provoque. Cela vient sans doute de la carence, du non respect de nos besoins fondamentaux, de la frustration, qui se trouvent bien souvent à l’origine de positions dépressives.

Le bonheur vient de l’intérieur, et jamais des autres !

… Ce qui n’empêche pas de le partager dans un second temps…

Il est indispensable de cesser de croire que le bonheur nous vient de l’extérieur, nous est apporté par les autres. C’est ici une erreur fondamentale : le bonheur ne prend sa source qu’à l’intérieur de nous mêmes. C’est pourquoi il est si important d’examiner ce qui est au plus profond de notre être. Cet examen ne peut se faire en présence d’autrui. J’entends que c’est très douloureux, mais c’est la seule façon de renaître de ses propres cendres.

Sortir de la dépression nécessite d’accepter de changer quelque chose dans sa vie

Pour en revenir à cette métaphore culinaire, si vous prenez les mêmes ingrédients pour un plat, et suivez la même recette, êtes-vous sûr d’obtenir cette fois quelque chose de bon ?

Dans le cadre des dépressions tenaces, permettez moi d’en douter.

Ce point achoppe souvent lors des accompagnements thérapeutiques, et est source d’échec : Pour sortir véritablement et durablement de la dépression, il faut accepter que quelque chose d’essentiel dans note vie doit changer.

La résistance au changement est souvent forte chez les personnes dépressives. La dépression arrive comme une conséquence, un masque, de nos échecs à faire évoluer la situation qui ne nous convenait pas, mais qui a duré bien trop longtemps et nous a épuisé. On ne peut attendre que tout se transforme autour de nous, y compris les autres, qui se sentent bien ainsi et n’ont aucune envie de changer. Il nous appartient de faire enfin les changements nécessaires.

La relation thérapeutique : un travail à deux pour sortir de la dépression

Certaines personnes attendent du thérapeute de les « soigner ». Mais s’asseoir dans un cabinet de psychothérapie ne suffit pas ! Il faut accepter de participer pleinement au processus de changement. Le thérapeute vous servira alors d’écoute active, de guide, soutiendra et encouragera vos résultats.

A mon niveau, j’écoute les profondeurs de l’être qui cherchent à s’exprimer et sont étouffées. Ensemble nous retrouvons la force de vie qui est au cœur de votre être. Amour et créativité doivent être libérés.

 

J’espère que cet article vous donnera des pistes pour aller de l’avant. Si vous n’arrivez pas à vous sortir seul de dépression, avant de consulter un thérapeute, vous devez vous poser une question essentielle : suis-je prêt à changer au moins une chose dans ma vie, de remettre en question au moins un de mes comportements qui m’ont menés à vivre cette situation ? Si la réponse est non, le chemin risque hélas d’être long et difficile. La complaisance n’est pas de l’amour, de soi ou de l’autre.

 

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